Voici un mini-documentaire intéressant. Il éttaye, en premier lieu, les arguments soutenant l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, et il les retourne, en
second lieu, en arguments en défaveur de cette adhésion.
Cliquez icisi
le documentaire n'est plus accessible.
MISE-À-JOUR, MERCREDI 30 AVRIL 2008 EN APRÈS-MIDI :
La Turquie est à cheval sur trois autres nations : la Grèce à l'ouest, l'Arménie au nord-est et le Kurdistan au sud-est.Ce pays s’est fait sur le massacre des populations arméniennes, kurdes et grecques au début du siècle, lorsque l'Empire ottoman s’est effondré,
complété par les accords de Lausanne qui ont permis des déportations massives de population entre la Grèce et la Turquie pour regrouper les orthodoxes d’un côté et les musulmans de
l'autre.
Je pourrais ici m'éloigner du sujet en écrivant surle Kurdistan occupé tant par les Turcs que les Arabes et les Perses, ou encore surl'Arménie qui a simultanément vu son territoire anatolien cisaillé par l'épuration ethnique des
Turcs ottomans/républicains et son territoire caucassien rétrécit par la collonisation des Turcs azerbaïdjanis. Toutefois, je vais me limiter au sujet
initial en focusant sur l'argument géographique : le maigre 4 % de territoire européen auquel on attribue à tord l'adjectif « turc ».
Ce territoire européen « turc » est un morceau de la région historique appelée Thrace.
La Thrace orientale, où IstanbulConstantinople est
situé, est intrinsèquement grecque, et était sous contrôle grec jusqu'à ce que les Turcs l'envahissent au Moyen-Âge. J'en profite pour corriger une erreur du vdéo ci-haut : Constantinople
est indiscutablement en Europe, c'est les villes Scutari et Chalcédoine (renommées « Üsküdar » et « Kadıköy » par les Turcs) qui sont du côté asiatique du Bosphore, les Tucs ont
simplement fusionnés ces villes dans leur « İstanbul ».
Malgré l'occupation turque de 600 ans, ce territoire resta principalement peuplé par des Grecs, et c'est pourquoi il fut accordé à la Grèce via le Traté de
Sèvre faisant suite à la dissolution de l'Empire ottoman au cours de la Grande Guerre.
Voici une photographie du Pemier ministre grec Eleftherios Venizelos signant ce traité le 10 août 1920. Les représentants du Sultan Mehmed VI -- le
dernier Calife de l'Empire islamique -- s'y inclinèrent devant les Puissances occidentales et la Grèce. Cliquez pour agrandir.
Intéressament, on peut voir sur les deux cartes précédentes un AUTRE territoire actuellemnt « turc » qui avait été obtenu pour la Grèce : l'Ionie en
Asie Mineure, avec comme capitale Smirne, une ville grecque chargée d'histoire.
L'Ionie est, comme la Thrace, un territoire grec dont les Turcs ont pris le contrôle quand ils ont déferlés sur l'Empire byzantin. L'ionie est la région
de naissance de la philosophie grecque antique. De plus, le développement du christianisme s'est fait en grande partie sur la côte asiatique de la mer Egée en Ionie (et en Mysie, Lydie,
Carie et Lycie). C'est là que se trouvent les lieux des sept Églises de la Révélation.
Malheureusement, Mustafa Kemal Atatürk et sa nouvellement formée République de Turquie s'empressa de pratiquement exterminer les descendants de chrétiens européens habitant cette
région -- en grande majorité des orthodoxes -- pour la peupler avec des paysans turcs d'Anatolie, tous musulmans. Que reste-t-il à Smirne de cette civilisation que l'on doit à
Thalès de Millet, à Hérodote et à Esope ? Peu de choses, Smirne est devenue « İzmir ».
Pour en savoir plus sur le génocide grec de Thrace & d'Ionie et sur ces conséquences à long terme pour la Grèce, lisez cette page :Venizelos and the Asia Minor Catastrophe [History of Greece].
Notons que les Grecs de la région côtière de la Mer Noire subirent eux-aussi un affreux carnage, voir l'article Génocide grec pontique sur Wikipédia.
Le Traité de Sèvres avait prévu la création d'États indépendants arméniers et kurdes à partir de tranches de l'Empire ottoman déchu qui perdait la moitiée de ses possessions anatoliennes, le
résultat était une Turquie équitablement réduite qui n'empiètait pas trop sur ses voisins.
Face à la folie démesurée des Jeunes Turcs kémalistes, la molesse des nations occidentales résultant de l'effroyabilité de la Première
Guerre Mondiale permit à la Turquie Moderne de s'imposer en faisant couler le sang. Le Traté de Sèvres fut annulé lors des Traités de Kars (1921) et de Lausanne (1923).
Si l'on transposait les tracés prévus par l'accord signé par les autorités ottomanes et grecques sur le modelage provincial turque actuel, voici quelle parties de la Turquie iraient à la
République hellénique, à une Grande Arménie et à un Kurdistan Libre (les provinces Van, Bitlis, Ağrı, et Muş, situées en Arménie occidentale, iraient au Kurdistan car aujourd'hui peuplés de
Kurdes).
En contraste, voici la carte scandaleuse des ambitions de l'ultranationalisme turc.
La frénésie religio-nationaliste turque s'accompagne maintenant d'une nouvelle campagne expansionniste visant l'occupation turque de l'entièreté des
républiques d'Arménie et de Chypre ainsi que d'une partie des territoires des pays voisins comme la Grèce, la Syrie et l'Irak.
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